mercredi 17 juin 2026

Les Quatre Chevaliers

Juste après le chapitre 5, Jésus a pris le livre, suscitant alors une grande joie et de nombreuses louanges. Il procède maintenant à l'ouverture des sceaux. Nous commençons par ce que l'on appelle communément les quatre cavaliers de l'Apocalypse.


Apocalypse 6.1 « Je regardai, quand l'agneau ouvrit un des sept sceaux, et j'entendis l'un des quatre êtres vivants qui disait comme d'une voix de tonnerre: Viens. »

  • Le premier sceau est ouvert et un bruit semblable au tonnerre retentit (nous avons vu précédemment qu'il y avait du tonnerre autour du trône, Apocalypse 4.5). Le tonnerre pourrait représenter la tempête imminente.

  • Le tonnerre est lq voix d'une des bêtes qui dit « Viens » ou « Va ». Si cela est traduit par « viens », il pourrait s'agir de Jean. Si cela est traduit par « va », il s'agit très probablement d'une conversation avec le cavalier.

Apocalypse 6.2 « Je regardai, et voici, parut un cheval blanc. Celui qui le montait avait un arc; une couronne lui fut donnée, et il partit en vainqueur et pour vaincre. »

  • Au premier sceau... un cheval blanc. Les chevaux étaient souvent utilisés au combat. Dans l'Ancien Testament, le cheval est fréquemment l'emblème de la guerre (Job 39.25 ; Psaumes 76.6 ; Proverbes 21.31 ; Ézéchiel 26.10). Le blanc symbolise souvent l'innocence et la pureté, mais ce n'est pas le cas ici. Un cheval blanc représentait la victoire guerrière et la prospérité.

  • Celui qui monte le cheval porte un arc. C'est un instrument de combat, bien qu'on ne l'associe pas généralement aux armes romaines typiques, comme l'épée. L'épée servait au corps à corps, tandis que l'arc permettait d'attaquer à distance. Il n'est fait aucune mention de flèches. J'en déduis que son moyen de conquête ne passe pas par la guerre — bien que cette menace existe — mais par des mesures politiques. Voir Daniel 8.23 - 25, Daniel 11.21, Daniel 11.23 - 24 et Daniel 11.35 - 45.

  • Il porte également une couronne. Cette couronne lui a été donnée par Dieu. Il part pour vaincre et remporter la victoire.

  • Certains affirment que ce cavalier doit être Jésus, mais c'est Jésus lui-même qui ouvre les sceaux. Jésus ne vient pas encore pour juger et régner (voir Apocalypse 19.11). Ce personnage imite Jésus, un acte caractéristique de Satan. Les passages correspondants dans Daniel 8 et 11 ainsi que dans Matthieu 24 concordent pour montrer qu'il s'agit d'actions attribuables à l'Antéchrist et au début de son ascension vers le pouvoir.

Apocalypse 6.3 - 4 « Quand il ouvrit le second sceau, j'entendis le second être vivant qui disait: Viens. 4 Et il sortit un autre cheval, roux. Celui qui le montait reçut le pouvoir d'enlever la paix de la terre, afin que les hommes s'égorgeassent les uns les autres; et une grande épée lui fut donnée. »

  • Ce second cheval était de couleur rouge ou cramoisie, semblable au sang. Question : s'agit-il du même cavalier sur chaque cheval ? Le texte ne le précise pas. Il pourrait s'agir du même cavalier changeant de monture. Mais dans le cas contraire, il ne fait aucun doute que Satan est celui qui influence et incite chacun d'eux.

  • Il lui fut donné du pouvoir. Nous voyons une fois de plus que Dieu garde la maîtrise de la situation, même au cœur des tribulations décrites dans l'Apocalypse.

  • Pour que ce cavalier puisse « enlever la paix », il fallait qu'une paix existât au préalable. Nous savons que l'Antéchrist instaurera une période de fausse paix. La véritable paix est un don de Dieu. (Philippians 4.7, Jean 14.27, Romains 15.13, Ésaïe 26.3, 2 Thessaloniciens 3.16, Colossiens 3.15)

  • La guerre éclatera et les hommes s'entretueront. Une épée lui fut donnée. Par qui ? Soit Dieu l'a permis, soit Satan a agi avec la permission de Dieu. Il s'agira d'une guerre menée à l'épée, un combat au corps à corps. Le terme employé ici pour « épée » désigne généralement une épée ou un couteau tranchant (Jean 18.10, Actes 16.27), mais aussi le combat lui-même (Luc 22.52, Actes 12.2). Un mot différent pour désigner l'épée sera utilisé au verset 8, un terme réservé exclusivement au combat (Apocalypse 6.8, 2.12, 19.15, 19.21).

  • Les termes « tuer » ou « égorger » renvoient au même mot que celui utilisé pour l'abattage d'un animal (voir 1 Jean 3.12, Apocalypse 5.6, 6.9). Qui commet ces meurtres ? Il semble que les hommes s'affronteront entre eux. Le cavalier possède une épée, mais il ne paraît pas participer directement aux tueries à ce stade.

Apocalypse 6.5 – 6 « Quand il ouvrit le troisième sceau, j'entendis le troisième être vivant qui disait: Viens. Je regardai, et voici, parut un cheval noir. Celui qui le montait tenait une balance dans sa main. 6 Et j'entendis au milieu des quatre êtres vivants une voix qui disait: Une mesure de blé pour un denier, et trois mesures d'orge pour un denier; mais ne fais point de mal à l'huile et au vin. »

  • Le noir symbolise le malheur, la souffrance et la mort. Voir Jérémie 4.28 ; 8.21 ; Malachie 3.14, où « tristesse » signifie littéralement « en noir ».

  • Il tient une balance à la main. La balance sert à mesurer avec précision, notamment en période de disette. Voir Lévitique 26.26 ; Ézéchiel 4.16 - 17. La famine suit souvent la guerre, car les récoltes sont détruites ou négligées.

  • Une voix venue du milieu (Dieu) fixe les prix. (Dieu est souverain, comme dans Job 1 et 2.)

    • Une mesure correspond aux besoins journaliers d'un homme (un quart).

    • « Du blé pour un denier », soit le salaire d'une journée de travail pour un ouvrier moyen (Matthieu 20.2). D'après mes lectures, un salaire journalier permettait généralement d'acheter 10 quarts de blé et 30 quarts d'orge. 

    • L'orge, moins cher que le blé, mais moins nutritif et savoureux. Il reste plus longtemps dans l'estomac. Trois portions quotidiennes pour une journée de salaire. Souvent utilisé avec du blé.

    • En termes actuels, cela représente environ 120 € pour un paquet de nouilles de 500 g et 120 € pour 1,5 kg de riz. Au total, cela équivaut à une journée de salaire pour une miche de pain.

  • Est-ce l'inflation ou la famine ? Je pense que la famine est l'hypothèse la plus probable. Elle est souvent associée à la menace du cheval noir. Et l'huile et le vin ? Ce sont pourtant des produits courants dans cette région. L'huile fait référence à l'huile d'olive. Le vin, bien sûr, est issu du raisin. Pourquoi ils ne sont pas touché comme le blé et l'orge ?

    • Ces produits sont considérés comme des articles de luxe et non comme des aliments de base. Peut-être que la demande pour ces produits diminue, et que la production peut ainsi suivre.

    • Peut-être Dieu se moque-t-il de ceux qui souffrent, en leur fournissant ce qui ne peut les satisfaire. L'huile d'olive, à elle seule, n'apporte que peu de nourriture. Le vin également. 

    • Je pense que cela concerne surtout les régions qui seront touchées par la famine. Ce sont les zones de production céréalière qui seront affectées, plus que les régions où poussent les oliviers et les vignes (On peut voir des cartes qui montrent ces régions différentes par un simple recherche sur internet.) 

    • Il pourrait également s'agir de pays privés d'aide alimentaire pour des raisons politiques, un peu comme un embargo commercial.

Apocalypse 6.7 – 8 « Quand il ouvrit le quatrième sceau, j'entendis la voix du quatrième être vivant qui disait: Viens. 8 Je regardai, et voici, parut un cheval d'une couleur pâle. Celui qui le montait se nommait la mort, et le séjour des morts l'accompagnait. Le pouvoir leur fut donné sur le quart de la terre, pour faire périr les hommes par l'épée, par la famine, par la mortalité, et par les bêtes sauvages de la terre. »

  • La Mort (Hadès) est le nom du cavalier du cheval pâle (chloros, « jaune verdâtre », d'où vient le mot chlore, du grec chloé, signifiant « vert »). Cette couleur est souvent employée dans les écrits grecs de cette période pour désigner l'état d'une personne malade ou mourante. L'Enfer suivait de près, tel un cortège de chiens à la chasse.

  • Il reçut également le pouvoir d'anéantir un quart de la population mondiale. 25 % de l'humanité périra de la manière suivante (Ézéchiel 14.21). Un scénario similaire se déroulera dans l'Apocalypse 9.15, où un tiers de la Terre sera détruit. Un tiers + un quart = la moitié. L'un pris, l'autre laissé (Matthieu 24.40 – 41).

    • L'épée (guerre, violence, conflit) est ici associée à une grande épée utilisée au combat. (Luc 2.35, Apocalypse 1.16, 2.12, 2.16, 19.15, 19.21)

    • La famine.

    • La mortalité – plus probablement peste ou épidémie.

    • Bêtes – animaux sauvages. (2 Rois 17.26)

  • « Le pouvoir LEUR fut donné... » À leur ? Aux quatre cavaliers ? Il s’agit plus probablement d’une allusion à la mort et au séjour des morts.

  • (Pour en savoir plus sur les quatre cavaliers : Marc 13 ; Matthieu 24 ; Luc 21 ; Daniel 9. L’image des quatre chevaux est similaire à celle de Zacharie 1.7 - 11 ; 6.1 - 8 (cf. Jérémie 14.12 ; 24.10 ; 42.17).

Apocalypse 6.9 – 11 « Quand il ouvrit le cinquième sceau, je vis sous l'autel les âmes de ceux qui avaient été immolés à cause de la parole de Dieu et à cause du témoignage qu'ils avaient rendu. 10 Ils crièrent d'une voix forte, en disant: Jusques à quand, Maître saint et véritable, tarde-tu à juger, et à tirer vengeance de notre sang sur les habitants de la terre? 11 Une robe blanche fut donnée à chacun d'eux; et il leur fut dit de se tenir en repos quelque temps encore, jusqu'à ce que fût complet le nombre de leurs compagnons de service et de leurs frères qui devaient être mis à mort comme eux. »

  • À l'ouverture du cinquième sceau, la scène au ciel change. Jean voit les âmes d'une multitude de personnes mises à mort pour la Parole de Dieu et pour leur témoignage. Il les voit « sous » l'autel. C'est un accomplissement merveilleux des sacrifices de l'Ancien Testament, où le sang de la victime était répandu à la base de l'autel (Lévitique 4.7). Ces saints, qui ont versé leur sang en offrande pour la cause du Christ, élèvent la voix depuis ce même lieu.

    • Ils ont été mis à mort pour la Parole de Dieu : pour l'avoir prêchée, crue et lue.

    • Ils ont été mis à mort pour leur témoignage, leur témoignage rendu à Dieu et à Jésus.

  • Leur cri demande au Seigneur combien de temps il faudra attendre avant qu'ils ne soient vengés. On pourrait être tenté de dire que cela semble peu chrétien. Pourtant, ils ne crient pas par égoïsme. Ils réclament vengeance, mais ils en appellent à Dieu pour qu'Il l'exerce, s'en remettant ensuite à Lui. Le fondement de cette vengeance réside dans le fait que le Seigneur est « saint et véritable » (voir Genèse 4.10, Nombres 35.33, Deutéronome 32.35, Psaumes 58.10 et 94.1, Ésaïe 61.2, Jérémie 20.12, Hébreux 10.30, Jude 1.7).

    • Dieu, dans sa sainteté absolue, vengera ceux qui maltraitent ses enfants et refusent de L'accepter comme Sauveur.

    • Dieu est véritable. Il a déclaré que sa colère s'abattrait sur les incrédules, et cela arrivera (Michée 5.15, Nahum 1.2).

  • Ils reçoivent des robes blanches, symbole du salut et de la purification des péchés, (ou peut-être même de la victoire, comme on le voit avec le cheval blanc) reçus comme un don de Dieu. Ils doivent patienter, car beaucoup d'autres viendront rejoindre leurs rangs, comme nous le verrons (Daniel 7.21, Apocalypse 13.7). Cela arrivera... mais quand ? On verra...

Apocalypse 6.12 – 14 « Je regardai, quand il ouvrit le sixième sceau; et il y eut un grand tremblement de terre, le soleil devint noir comme un sac de crin, la lune entière devint comme du sang, 13 et les étoiles du ciel tombèrent sur la terre, comme lorsqu'un figuier secoué par un vent violent jette ses figues vertes. 14 Le ciel se retira comme un livre qu'on roule; et toutes les montagnes et les îles furent remuées de leurs places. »

  • Remarquez tout d'abord que ce type de catastrophe survient ailleurs dans le livre de l'Apocalypse, mais à une échelle plus vaste (Apocalypse 16.17 - 21, Joël 3.14 - 15, Actes 2.19 - 21, Apocalypse 8.12, Matthieu 24.29 – 31, Ésaïe 24.19 - 20).

  • Il y eut un grand tremblement de terre. L'activité sismique n'a cessé d'augmenter au cours du dernier siècle. Cela ne résulte pas de l'évolution technologique, car les techniques de détection des séismes n'ont guère changé durant cette période. Quelle est l'ampleur d'un « grand » tremblement de terre ? Je dirais qu'il s'agit du plus puissant survenu jusqu'alors. Ce ne sera pas le plus puissant de tous les temps (Apocalypse 16.18). À titre de comparaison, citons d'autres grands séismes :

    • Le grand séisme d'Alaska de 1964 : une faille de 970 km s'est rompue d'un seul tenant, avec un déplacement atteignant 18 m. Un déplacement vertical allant jusqu'à 12 m (38 pieds) a été observé. Sur l'île Montague, le sol s'est soulevé de 13 à 15 m par rapport au niveau de la mer.

    • Le séisme de 2004 dans l'océan Indien a fait vibrer la planète entière (jusqu'à 10 mm) et a déclenché à distance d'autres séismes, notamment en Alaska.

    • Le séisme de 2011 au Japon a déplacé l'île de Honshu (la grande île du nord du Japon) de 2,4 mètres vers l'est, a modifié l'axe de rotation de la Terre (d'une valeur estimée entre 10 et 25 cm) et a accéléré la vitesse de rotation de la Terre de 1,8 microseconde par jour.

  • Les versets suivants décrivent les conséquences de ce séisme.

    • Le soleil devint noir comme un sac de crin. Ce phénomène peut se produire localement lors d'un séisme en raison de la poussière en suspension dans l'air ; toutefois, je pense qu'il s'agit ici d'un événement de grande ampleur, résultant de l'activité volcanique qui accompagne souvent les séismes majeurs. L'éruption du mont Tambora en Indonésie, en 1815, a projeté entre 37 et 45 km³ de cendres et de débris dans l'atmosphère. (À titre de comparaison, l'éruption du mont Saint Helens a rejeté environ 1,3 km³ de matériaux, et celle du mont Pinatubo en 1991 en a éjecté un volume équivalent à environ cinq kilomètres cubes.)

    • La lune devint comme du sang. Lorsque des cendres sont présentes dans l'atmosphère — sans toutefois être assez denses pour obscurcir totalement le ciel —, la lumière qui les traverse peut conférer à la lune une teinte rouge. Ce phénomène a été observé à plusieurs reprises au cours de l'histoire à la suite d'activités volcaniques ; on le qualifie parfois de « lune de sang ».

  • Les étoiles du ciel tombèrent sur la terre, comme lorsqu'un figuier secoué par un vent violent laisse tomber ses figues encore vertes.

    • Les météores pourraient-ils être la conséquence d'un séisme majeur ? (Voir aussi Ésaïe 34.4.) Pas directement ; toutefois, le terme « étoiles » pourrait désigner des roches volcaniques retombant de l'atmosphère. Jean décrit ce qu'il a vu : les secousses terrestres donnant l'impression que les étoiles bougent, suivies de la chute de roches depuis le ciel.

    • Il pourrait également s'agir d'une activité météorique sans lien direct avec les séismes dont nous savons qu'ils surviendront plus tard (Apocalypse 8.10 - 11).

    • Ou bien s'agit-il d'une image symbolique représentant le Diable et ses anges chassés de la présence de Dieu ? (Job 38.7 ; Apocalypse 12.4, 9, 12). Cette interprétation s'accorderait avec l'image des « figues précoces » (Nahum 3.12) et correspondrait à la scène décrite dans Apocalypse 12.7 - 12. C'est une théorie intéressante qui offre un éclairage nouveau sur les derniers versets du chapitre : les habitants de la terre prennent alors ce phénomène pour la colère de Dieu, alors que celle-ci ne se manifestera que plus tard (Apocalypse 16.1, 16.20, 19.15).

  • Et le ciel se retira comme un livre qu'on roule (un rouleau). Cette expression pourrait faire référence à plusieurs phénomènes différents. 

    • Dans notre région, nous observons des tempêtes qui se présentent sous la forme d'un immense rouleau de nuages. Il pourrait s'agir de tempêtes associées à des cendres volcaniques.

    • Il peut s'agir de cendres volcaniques transportées par l'atmosphère ; en effet, lors d'éruptions volcaniques majeures, les cendres peuvent faire plusieurs fois le tour du globe au gré des courants atmosphériques.

    • Il pourrait également s'agir d'un langage symbolique : Jean décrit le chaos qui s'empare des cieux, comme si ceux-ci étaient enroulés ou écartés, tandis que tout semble se déplacer ou s'effondrer.

  • Chaque montagne et chaque île fut déplacée de son emplacement. Nous avons déjà évoqué ce phénomène dans le contexte de séismes majeurs. Songez aussi que la surface terrestre repose sur des plaques tectoniques interconnectées, en mouvement et en contact les unes avec les autres. Si l'une d'elles subit un déplacement important, cela peut engendrer un effet de propagation sur les autres, un phénomène appelé transfert de contrainte dynamique ou déclenchement par contrainte. En somme, toutes les plaques tectoniques ont été déplacées.

Apocalypse 6.15 – 17 « Les rois de la terre, les grands, les chefs militaires, les riches, les puissants, tous les esclaves et les hommes libres, se cachèrent dans les cavernes et dans les rochers des montagnes. 16 Et ils disaient aux montagnes et aux rochers: Tombez sur nous, et cachez-nous devant la face de celui qui est assis sur le trône, et devant la colère de l'agneau; 17 car le grand jour de sa colère est venu, et qui peut subsister ? »

  • Qu'en est-il des habitants de la terre confrontés à ce séisme gigantesque ? Tous se cachent dans des grottes et parmi les rochers. Sept groupes sont énumérés :

    • Les rois

    • Les grands — plutôt les princes

    • Les chefs militaires — les commandants de milliers d'hommes

    • Les riches

    • Les hommes puissants — ou hommes forts

    • Les esclaves ou serviteurs

    • Les hommes libres — ceux qui ne sont pas esclaves, les citoyens libres

  • Les sauvés compteront-ils parmi ces gens ?

    • Non, nous ne subirons pas la colère de Dieu et n'avons aucune raison de craindre (1 Thessaloniciens 5.9, Romains 5.9, 1 Thessaloniciens 1.10, Jean 3.36, Apocalypse 14.9 - 10).

    • « de la terre » Nous ne sommes plus de cette terre ; nous sommes des saints (ce qui signifie « qui n'est pas de la terre »). Cette distinction est faite ailleurs dans l'Apocalypse (1.7, 6.10, 11.10, 12.12, 13.8, 14, 14.3, 6, 16.1, 14, 17.2...etc) ainsi que dans d'autres livres : Hébreux 11.13, 13.14, Jean 17.16, 2 Pierre 3.13, Philippiens 3.20.

  • Ils tentent de se cacher (Genèse 3.8) et désirent la mort plutôt que de se repentir (Osée 10.8, Luc 23.30). Satan désire la mort de l'humanité ; il veut détruire ceux qui sont créés à l'image de Dieu et leur ôter l'occasion de se repentir et de croire en Jésus (Jean 8.44, 10.10, Luc 22.31, 1 Pierre 5.8). C'est le désir qu'il nourrit depuis la création et qu'il continuera de poursuivre, même ici avec l'Antéchrist.

  • Ils attribuent à Dieu et à l'Agneau la responsabilité de cette colère — bien que nous sachions que la colère de Dieu surviendra plus tard (Apocalypse 16.1). Malheureusement, ils ne se repentent pas et ne crient pas à Dieu pour le salut. 

  • Ils se demandent ensuite qui peut y résister. Cette question est-elle rhétorique, impliquant la conviction que personne ne peut tenir bon ? Je crois qu'ils recherchent sincèrement quelqu'un pour leur tenir tête, et Satan leur fournira une réponse en la personne de l'Antéchrist. Tout-le-mone, suite aux catastrophes décrit dans ce chaptire va chercher quelqu'un qui peut aider le monde déchiré. Satan va fournir l'Antéchrist. Et, au chapitre suivant, celui-ci fera la guerre aux saints. (Comme nous le verrons, les chapitres 12 et 13 de l'Apocalypse présentent des parallèles avec les événements des chapitres 6 et 7.) (Cliquez ici pour la liste d'études sur l'Apocalypse)

mardi 19 mai 2026

Le Lion et L'Agneau

Apocalypse 5. Pour saisir pleinement les émotions qui traversent ce chapitre, vous devez d'abord revenir en arrière et lire le chapitre 4. Allez-y. J'attends...C'est fait ? D'accord. Après la vision extraordinaire du ciel futur qu'a eue Jean (chapitre 4), nous assistons ici, dans ce chapitre, à un changement soudain.

Verset 1 « Puis je vis dans la main droite de celui qui était assis sur le trône un livre écrit en dedans et en dehors, scellé de sept sceaux. »

  • Le regard de Jean se pose à nouveau sur le trône décrit au début du chapitre 4. Un livre apparaît dans (littéralement « sur ») la main de Dieu.

  • Un livre — ou plutôt un rouleau, un rouleau de papyrus. C’était un rouleau inhabituel, unique. Il était :

    • écrit (au temps parfait — il a été écrit, il demeure écrit et certain)

    • sur ses deux faces (à l’instar d’Ézéchiel 2.9 - 10). On appelle cela un opisthographe, un cas rare, car l’écriture apposée sur la face extérieure du rouleau risquait de s’user au contact de l’extérieur. Cette pratique était réservée — et exclusivement réservée — aux textes de grande envergure.

    • scellé — il n’était pas inhabituel que des documents importants soient scellés, afin de n’être ouverts que par une personne qualifiée et désignée à cet effet. Sept sceaux (symbole de perfection, d’unité et d’achèvement) : il s’agissait là d’un document d’une importance capitale, véritablement sécurisé, fermement scellé. Comme nous le verrons, il marquera le coup d’envoi de la fin de notre ère.

  • De quoi traitait ce rouleau ? Cela ne nous est pas révélé ; nous n’entendons aucune lecture en être faite. S’agissait-il d’un livre céleste d’une importance majeure ? Était-ce la Bible ? Représentait-il le titre de propriété de Dieu sur la terre (Jérémie 32.6 - 15 ; Psaume 24.1 ; Luc 4.5 - 8) ? Constitue-t-il le testament de Dieu pour le règlement final des affaires terrestres ? Quel que soit le contenu de ce rouleau, l’accent est mis sur les sceaux.


Verset 2 « Et je vis un ange puissant, qui criait d'une voix forte: Qui est digne d'ouvrir le livre, et d'en rompre les sceaux ? »

  • Un ange puissant proclame un message à haute voix, à l'attention de tous.

  • Qui est digne ? (En d'autres termes : qui a le pouvoir, l'autorité, la capacité, les qualifications pour ouvrir ce rouleau ?)

  • Remarquez que l'ange puissant lui-même n'était pas qualifié.

Verset 3 « Et personne dans le ciel, ni sur la terre, ni sous la terre, ne put ouvrir le livre ni le regarder. »

  • « personne » La recherche a été menée partout.

    • Aucun dans le ciel — ceux qui étaient déjà morts.

    • Aucun parmi les vivants sur la terre.

    • Aucun sous la terre, en enfer.

  • Cette recherche a englobé une multitude de personnes, venues de tous horizons. Pensez à certains de ceux qui y ont été inclus : philosophes, présidents, chefs religieux, médecins, génies… moi, toi.

Verset 4 « Et je pleurai beaucoup de ce que personne ne fut trouvé digne d'ouvrir le livre ni de le regarder. »

  • Jean pleura abondamment, et ce, pendant une longue période.

  • Car nul n'était digne de l'ouvrir, ni même de le regarder.

    • Il pleurait sur la dépravité de l'homme.

      • Nous sommes des pécheurs. (Ésaïe 64.6)

      • Nous sommes faibles et incapables de décider de l'avenir ou d'en avoir le contrôle. Nous ne pouvons même pas maîtriser la nature ni créer la vie. Nous ne sommes dignes de rien, pas même du salut. (Matthieu 3.11, 8.8 ; Marc 1.7 ; Luc 17.10)

    • Car le déroulement de cette histoire allait prendre fin. Il n'y avait aucune chance que les sceaux fussent ouverts. Il venait tout juste d'entrevoir l'avenir — commençant par un aperçu du ciel — et tout cela allait s'arrêter là.

  • Notre péché, notre insuffisance, nous font-ils pleurer aujourd'hui ? Peut-être le devraient-ils, de temps à autre. Qu'en est-il de nos propres péchés ? Ils sont pardonnés. Certes ; mais aussi ils peuvent servir notre avenir, nous guider pour nous éviter de commettre les mêmes erreurs — tel une voile. (Ils ne devraient jamais être utilisés comme une ancre pour nous alourdir. Hébreux 12.1 - 3)

Verset 5 « Et l'un des vieillards me dit: Ne pleure point; voici, le lion de la tribu de Juda, le rejeton de David, a vaincu pour ouvrir le livre et ses sept sceaux. »

  • L'un des vingt-quatre anciens (Apocalypse 4.4) finit par annoncer la nouvelle à Jean : « Cesse de pleurer...voici...»

  • « Le Lion de la tribu de Juda. » Un titre royal pour le Messie. (D'après Genèse 49.9 - 10, Ésaïe 31.4 et Osée 11.10). (Satan se déguise en lion, mais il n'en est pas un. Apocalypse 13.2 ; 1 Pierre 5.8). Comment le Messie peut-il être à la fois le rejeton et la racine ? Il est son Seigneur et son descendant.

  • La Racine de David. Ésaïe 11.1, 10. (Nous la retrouverons dans Apocalypse 22.16). La Racine symbolise une partie de la lignée de David, mais aussi l'acte d'établir David dans sa position.

  • Il a vaincu (conquis, triomphé) pour ouvrir et briser les sceaux. Qu'a-t-il conquis ? De quoi Jésus a-t-il triomphé ? De la Mort, de l'Enfer et du Sépulcre. (Jean 16.33 ; Apocalypse 3.21, 11.7, 12.11, 13.7, 17.14).


Verset 6 « Et je vis, au milieu du trône et des quatre êtres vivants et au milieu des vieillards, un agneau qui était là comme immolé. Il avait sept cornes et sept yeux, qui sont les sept esprits de Dieu envoyés par toute la terre. »

  • Au centre de la scène apparaît un Agneau. On nous avait pourtant annoncé un lion ! Jésus est le Lion et l’Agneau. (Jean 1.29, 36 ; Actes 8.32 ; 1 Pierre 1.19, comme dans Ésaïe 53.7) (Ecoutez ce cantique "Louez Adonaï par Paul BALOCHE https://www.youtube.com/watch?v=Z1xV7Jc3Ssw )

  • Comme s’il avait été immolé ? (Même mot utilisé dans 1 Jean 3.12, ainsi que dans Apocalypse 6.4, 6.9, 13.3, 13.8, 18.24). Un carnage et pourtant…

  • Il était debout. Il était vivant et toujours présent au ciel, le sacrifice pour nos péchés.

  • Sept cornes. Puissance parfaite. Le Roi des rois.

  • Sept yeux, vision parfaite par l’Esprit.


Verset 7 « Il vint, et il prit le livre de la main droite de celui qui était assis sur le trône. »

  • Le récit peut enfin reprendre. Jésus est digne.

  • Il prend le livre des mains du Père.


Verset 8 « Quand il eut pris le livre, les quatre êtres vivants et les vingt-quatre vieillards se prosternèrent devant l'agneau, tenant chacun une harpe et des coupes d'or remplies de parfums, qui sont les prières des saints. »

  • Au point culminant du récit, l'apogée de la célébration, la foule rassemblée autour du trône se livre à l'adoration. Ne devrions-nous pas, nous aussi, répondre ainsi à tout ce que Dieu a fait pour nous ? À ce que Jésus a fait et continue de faire ?

  • Cette fois, des instruments de musique se mêlent à l'adoration. On joue de la harpe. Ces « harpes » étaient probablement des instruments à cordes, semblables à un luth ou une guitare, possédant 7 ou 11 cordes.

  • Ils tiennent également des coupes d'or (le mot grec « coupe » n'apparaît que dans le livre de l'Apocalypse), qui contiennent les prières des saints (Lévitique 16.12 - 13, Psaume 141.2, Luc 1.9 - 10, Apocalypse 8.1 - 4). Dieu perçoit nos prières comme un doux parfum. Quelles prières ? Une prière de salut ? Une prière de miséricorde ? Une prière pour obtenir de l'aide ? Une prière de dernier recours ? Toutes les prières sont agréables à entendre pour le Seigneur.

  • Avez-vous ajouté des prières à ces coupes ? Priez Dieu (1 Thessaloniciens 5.17)


Verset 9 « Et ils chantaient un cantique nouveau, en disant: Tu es digne de prendre le livre, et d'en ouvrir les sceaux; car tu as été immolé, et tu as racheté pour Dieu par ton sang des hommes de toute tribu, de toute langue, de tout peuple, et de toute nation; »

  • Ils chantèrent un cantique nouveau. Si vous avez un problème avec la « nouvelle » musique chrétienne, avec le fait d'apprendre de nouveaux chants ; alors vous feriez mieux d'ignorer cette partie. Nous chanterons au ciel des chants que nous n'aurons jamais chantés auparavant. Cela ne devrait pas nous surprendre. Il existe de merveilleux chants que nous entonnons ici-bas, sur terre, pour louer Dieu. Et il se peut que nous n'ayons l'occasion d'en entendre un aperçu que dans quelques langues seulement. Qu'en sera-t-il lorsque nous parviendrons au ciel ? Les louanges y seront d'une splendeur inouïe.

  • Ce cantique loue Jésus, le déclarant digne d'ouvrir le livre et d'en rompre les sceaux.

  • Il explique également pourquoi il fut le seul jugé digne d'ouvrir ce livre : parce qu'il a été immolé, sacrifié pour nos péchés. Il nous a rachetés (c'est-à-dire acquis, racheté le prix de notre liberté) pour Dieu par son sang (1 Pierre 2.24). Cet Agneau de Dieu parfait (Genèse 22.8 ; Jean 1.29) a versé son sang — le sang de Dieu fait chair (le Lion), le sang du Fils de l'homme — en parfait sacrifice.

  • ...Pour Dieu. Nous appartenons désormais à Dieu, car il nous a rachetés. À présent, nous ne lui appartenons plus seulement parce qu'il nous a créés, mais aussi parce qu'il nous a rachetés.

  • Il a racheté des hommes (l'humanité tout entière a été rachetée — voir 2 Corinthiens 5.14 - 15 — bien que beaucoup refusent ce don) issus de toute (des groupes les plus restreints aux plus vastes) :

    • Tribu ou clan (terme souvent employé pour désigner les douze tribus d'Israël)

    • Langue

    • Peuple ou groupe humain

    • Nation (ethnos) — groupe ethnique

  • Jean souligne souvent la diversité (voir Apocalypse 7.9 ; 11.9 ; 13.7, etc.). Il est ici rappelé que cette description est intrinsèquement liée au sang de Jésus, versé pour des hommes issus de toute tribu, de toute langue, de tout peuple et de toute nation. Sa lignée englobe des hommes de tous les groupes — y compris les non-Juifs — et remonte jusqu'à Adam (voir Luc 3.23 - 38 ; Matthieu 1.1 - 17).


Verset 10 « tu as fait d'eux un royaume et des sacrificateurs pour notre Dieu, et ils régneront sur la terre. »

  • Non seulement il nous a rachetés (ou eux), mais aussi...

  • Il a fait de nous, pour notre Dieu... des rois (ou un royaume) et des prêtres. (voir aussi des explications sur Apocalypse 1.6)

  • Et nous régnerons sur la terre. (voir aussi Daniel 7.27)


Verset 11 « Je regardai, et j'entendis la voix de beaucoup d'anges autour du trône et des êtres vivants et des vieillards, et leur nombre était des myriades de myriades et des milliers de milliers. »

  • Il voit et il entend...

  • L'adoration s'amplifie de manière exponentielle. Elle a débuté là, autour du trône, avec vingt-quatre anciens et quatre créatures vivantes.

  • Les anges se joignent au chœur. Une multitude innombrable, bien supérieure à cent millions. Pouvez-vous l'imaginer ?


Verset 12 « Ils disaient d'une voix forte: L'agneau qui a été immolé est digne de recevoir la puissance, la richesse, la sagesse, la force, l'honneur, la gloire, et la louange. »

  • Le chœur proclame une fois de plus la dignité du Christ.

  • Il est digne de recevoir : (7 éléments énumérés) Il est intéressant de penser à Jésus recevant ce qu'il possède déjà.

    • La puissance – (dunamis, comme la « dynamite ») – une puissance explosive

    • Les richesses – toute la richesse (Psaume 50.10)

    • La sagesse – (sophia)

    • La force – la force ou la vigueur (le mot racine utilisé pour l'ange au verset 2)

    • L'honneur – littéralement la valeur ; par conséquent, l'honneur ou l'estime

    • La gloire – la gloire, la dignité

    • La louange – ou l'adoration.


Verset 13 « Et toutes les créatures qui sont dans le ciel, sur la terre, sous la terre, sur la mer, et tout ce qui s'y trouve, je les entendis qui disaient: A celui qui est assis sur le trône, et à l'agneau, soient la louange, l'honneur, la gloire, et la force, aux siècles des siècles ! »

  • Ici, la louange s'étend une fois de plus pour englober toute la création, toute chose créée.

  • Tous proclament :

    • La louange

    • L'honneur

    • La gloire

  • La force, la puissance — un terme différent de celui employé au verset précédent pour désigner la puissance ; ce mot évoque davantage une force intérieure, une puissance intrinsèque ou une vigueur. Il est parfois traduit par la « domination ».

  • Ils adressent continuellement cette louange à Dieu le Père et au Fils.


Verset 14 « Et les quatre êtres vivants disaient: Amen! Et les vieillards se prosternèrent et adorèrent. »

  • Les quatre créatures achèvent le chant de milliards de voix par un « Amen » : « Qu'il en soit ainsi. »

  • Alors, les anciens se prosternent une fois de plus devant le trône (le dernière fois dans Apocalypse 4.10), dans une humble adoration de Dieu.

  • Quel service d'adoration extraordinaire ! Puisse notre propre adoration de Dieu être tout aussi belle. Il en est digne. (Voici la liste d'études sur l'Apocalypse)

samedi 9 mai 2026

Le Livre de l'Apocalypse

 Commentaire sur l'Apocalypse  

L'index

1.  L'Introduction : Apocalypse 1.1 - 9

2. Le Fils d'Homme : Apocalypse 1.10 - 20

3. Les lettres à Sept Eglises 

    1. La Lettre à Éphèse : Apocalypse 2.1 - 7 

    2. La Lettre à Smyrne : Apocalypse 2.8 - 11

    3. La Lettre à Pergame : Apocalypse 2.12 - 17  

    4. La Lettre à Thyatire : Apocalypse 2.18 - 29   

    5. La Lettre à Sardes : Apocalypse 3.1 - 6

    6. La Lettre à Philadelphie : Apocalypse 3.7 - 13

    7. La Lettre à Laodicée : Apocalypse 3.14 - 22

4. Saint, Saint, Saint : Apocalypse 4.1 - 11

5. Le Lion et L'Agneau : Apocalypse 5.1 - 14 

6. Les Quatre Chevaliers : Apocalypse 6.1 - 17

7. 


mardi 28 avril 2026

Saint, Saint, Saint

Nous poursuivons notre étude du livre de l'Apocalypse. Nous avons achevé l'examen des lettres adressées aux sept Églises, et la vision se poursuit. (Chapitre 4)

  1. Apocalypse 4.1 : « Après cela, je regardai, et voici, une porte était ouverte dans le ciel. La première voix que j'avais entendue, comme le son d'une trompette, et qui me parlait, dit: Monte ici, et je te ferai voir ce qui doit arriver dans la suite. »

    1. « Après cela... » : après que Jean eut reçu les lettres que Jésus lui avait dictées.

    2. Il s'agit de la « première voix » qui nous a été présentée au chapitre 1. Une voix claire et distincte, semblable à celle d'une trompette.

    3. « Une porte ouverte dans le ciel » : nous avons déjà rencontré cette image en d'autres passages de la Bible (Ézéchiel 1.1 ; Luc 3.21 ; Actes 7.56, 10.11).

    4. Jean est invité à monter au ciel afin que certaines choses lui soient révélées. N'êtes-vous pas heureux que Jésus ne se soit pas contenté de les lui décrire ?

    5. « Les choses qui doivent arriver par la suite » : Jean est parvenu à la partie où Jésus va lui montrer les événements qui auront lieu (conformément au plan exposé en Apocalypse 1:19).

  2. Verset 2 « Aussitôt je fus ravi en esprit. Et voici, il y avait un trône dans le ciel, et sur ce trône quelqu'un était assis. »

    1. Jean était déjà « ravi en l'Esprit » (Apocalypse 1.10), mais il semble l'être ici d'une manière différente. Nous ne pouvons déterminer avec certitude la nature exacte de cette expérience ; Paul lui-même l'ignorait (2 Corinthiens 12.1 - 4).

    2. Tout commence par l'apparition d'un trône dans le ciel, sur lequel quelqu'un est assis. Quelques points méritent d'être soulignés avant d'aller plus loin.

      1. Il y a un trône. Les athées prétendent qu'il n'existe aucune puissance supérieure, personne pour régner, personne pour établir les lois. Ils se trompent lourdement, et cela apparaîtra un jour avec évidence, comme nous le verrons plus loin dans ce livre.

      2. Quelqu'un est assis sur le trône. Il y a un Souverain. Le trône n'est pas vacant, en attente d'un occupant.

      3. Permettez-moi de préciser clairement que ce n'est pas vous qui êtes assis sur ce trône. Ce n'est pas vous qui détenez l'autorité. Ce fait sera confirmé tout au long de ce livre. 

  3. Verset 3 « Celui qui était assis avait l'aspect d'une pierre de jaspe et de sardoine; et le trône était environné d'un arc-en-ciel semblable à de l'émeraude. »

    1. Jean décrit les couleurs qu'il voit en se référant aux teintes de pierres précieuses connues. Pouvons-nous avoir l'assurance que Jean n'était pas daltonien ? Oui ; rappelons-nous que Jean écrit sous l'inspiration du Saint-Esprit. Cette description présente certaines similitudes avec celle que l'on trouve dans Ézéchiel 1.26-28.

    2. Pourquoi la couleur est-elle utilisée pour décrire la personne assise sur le trône ? Pourquoi Jean ne décrit-il pas cette personne en termes de taille, de poids, de ressemblance ou de traits du visage ? Jean décrit Dieu. Toute description de Sa personne repose davantage sur la gloire qui émane de Lui. Rappelons-nous que nul ne peut voir Dieu (Exode 33.20).

    3. Celui qui était assis sur le trône évoquait deux couleurs distinctes. Il pourrait y avoir une signification particulière dans le fait que la sardoine et le jaspe soient respectivement la première et la dernière des douze pierres précieuses ornant le pectoral du souverain sacrificateur, chacune portant gravé le nom de l'une des tribus d'Israël (Exode 28.17 – 21).

      1. Le jaspe. (C'est le même terme qui est employé dans Apocalypse 21.11, 18 et 19.) Les exégètes divergent quant à sa couleur exacte — certains évoquant le blanc, d'autres le vert ou le rouge — mais tous s'accordent à dire qu'il possède un éclat brillant.

      2. La sardoine. La plupart des spécialistes conviennent qu'il s'agissait d'une pierre précieuse de couleur rouge.

    4. Un arc-en-ciel entourait le trône. (Certains interprètent ce terme — utilisé ici ainsi que dans Apocalypse 10.1 — comme désignant plutôt un halo.) Cet arc-en-ciel avait l'aspect d'une émeraude. (Le mot grec employé ici ne se retrouve qu'en cet endroit et dans Apocalypse 21.19.) La majorité des commentateurs s'accordent à dire qu'il s'agit d'une gemme de couleur verte ; mais en quoi l'arc-en-ciel lui ressemblait-il ? Brillait-il de l'éclat de l'émeraude ? Le vert de l'arc-en-ciel était-il d'une luminosité plus intense ? Présentait-il une nuance verte particulière ? Ou bien sa ressemblance tenait-elle à la transparence de l'émeraude, qui ferait écho à celle de l'arc-en-ciel ? Le point reste obscur. Ce que nous savons, en revanche, c'est que l'arc-en-ciel symbolise la fidélité de Dieu à tenir Ses promesses (Genèse 9.11 - 17). Il constitue un rappel de Sa grâce et de Sa miséricorde. 

  4. Verset 4 « Autour du trône je vis vingt-quatre trônes, et sur ces trônes vingt-quatre vieillards assis, revêtus de vêtements blancs, et sur leurs têtes des couronnes d'or. »

    1. Le regard de Jean est ensuite attiré par la zone entourant le trône. Vingt-quatre vieillards y sont assis. Il existe divers points de vue quant à l'identité de ces vieillards et à ce qu'ils représentent.

      1. Ce ne sont assurément pas des êtres angéliques (Apocalypse 5.9 - 10). Je soutiens qu'ils sont les représentants des saints. Le fait qu'ils soient au nombre de vingt-quatre symbolise Israël (les 12 tribus) et l'ère de l'Église (les 12 disciples).

      2. Ils siègent eux aussi sur des trônes, mais autour du trône de Dieu, se situant ainsi sous Son autorité. Jésus a dit aux disciples qu'ils régneraient avec Lui (Luc 22.30).

    2. Ils sont vêtus de vêtements blancs (Apocalypse 6.11 ; 7.9, 13 - 14). Le blanc symbolise le salut offert par Dieu (Ésaïe 61.10 ; Apocalypse 3.5). (Les anges sont parfois représentés vêtus de blanc.) Pour une étude complémentaire intéressante, voir Ésaïe 59.6.

    3. Ils portent des couronnes, qui constituent la récompense de leurs œuvres. Nous ne voyons jamais cela chez les anges, mais uniquement chez les croyants (2 Timothée 4.8 ; Apocalypse 2.10 ; 1 Pierre 5.4 ; 1 Corinthiens 9.25). En tant que croyants, nous sommes adoptés au sein de la famille de Dieu... Nous sommes cohéritiers avec Christ (Romains 8.17), et nous régnerons avec Lui (2 Timothée 2.12).

  5. Verset 5 « Du trône sortent des éclairs, des voix et des tonnerres. Devant le trône brûlent sept lampes ardentes, qui sont les sept esprits de Dieu. »

    1. Du trône sortent (Le verbe « sortent » est en fait une bascule au temps présent). (Similaire au mont Sinaï dans Exode 19.16 - 19 ; 20.18 - 19). On le retrouve également dans Apocalypse 11.19 ; 16.18. Ce sont des symboles de la puissance, de l'autorité et du jugement de Dieu.

      1. Des éclairs. Lorsque nous pensons aux éclairs, nous pensons à la vitesse et à la puissance.

      2. Des tonnerres. Les tonnerres pourraient représenter des sons profonds que l'on peut ressentir physiquement.

      3. Des voix. Elles représentent les murmures de tout ce qui se déroule autour du trône.

    2. Sept lampes (du grec lampas, s'apparentant davantage à une torche) allumées par le feu.

      1. Le chiffre sept représente la perfection, la plénitude ou l'unité.

      2. Ces lampes sont désignées comme étant les sept Esprits de Dieu. Nous en avons discuté lors de l'examen d'Apocalypse 1.4, passage qui, selon moi, fait référence au Saint-Esprit lui-même (lié au Père et au Fils, source de grâce et de paix). Ces Esprits sont comme les yeux du Seigneur (Zacharie 3.9 ; 4.10). D'autres y voient des anges particuliers au service de Dieu (Hébreux 1.14 ; Psaumes 34.7) ; mais, dans ce cas, n'auraient-ils pas été appelés « anges », comme c'est le cas dans Apocalypse 8.2 ? Voir aussi Ésaïe 11.2.

      3. Ils brûlent continuellement devant le trône (et non en tournant autour du trône, comme le font les anciens).

  6. Verset 6 « Il y a encore devant le trône comme une mer de verre, semblable à du cristal. Au milieu du trône et autour du trône, il y a quatre êtres vivants remplis d'yeux devant et derrière. »

    1. Il y avait une mer de verre (ou une mer vitreuse ou transparente) devant le trône ; le trône faisait face à cette mer de verre. Elle n'était pas faite de verre à proprement parler, mais en avait l'apparence : elle ressemblait à du verre, à du cristal, elle étincelait. Avez-vous déjà observé une étendue d'eau sous les rayons du soleil ? Elle scintille. Pourrait-il s'agir d'un élément similaire à la « mer » d'airain (d'un diamètre de 4,5 mètres) située dans le temple de Salomon (1 Rois 7.23 ; 2 Chroniques 4.2) ? Les sacrifices et les prêtres devaient se purifier avant d'être présentés devant le Seigneur. Avant de nous approcher de Dieu, nous devons être purifiés par le sang (Apocalypse 7.14, 12.11, 1 Jean 1.7) ; cependant, un jour viendra où nous aurons un accès direct à Dieu (Apocalypse 21.1).

    2. Évoluant dans l'espace situé entre ce trône et le cercle formé par les vingt-quatre vieillards se trouvent quatre « êtres vivants » (dérivé de la racine zao signifiant « vivre »). Ces créatures sont semblables à celles décrites dans la vision d'Ézéchiel (chapitre 1). Elles sont couvertes d'yeux sur toute leur surface, ce qui donne l'impression qu'elles voient absolument tout.

  7. Verse 7 « Le premier être vivant est semblable à un lion, le second être vivant est semblable à un veau, le troisième être vivant a la face d'un homme, et le quatrième être vivant est semblable à un aigle qui vole. »

    1. L'apparence de ces créatures est similaire à celle des êtres décrits par Ézéchiel (chapitre 1) ; toutefois, chez Ézéchiel, chacune d'elles possédait quatre visages, alors qu'ici, Jean les voit dotées chacune d'un seul visage, correspondant à l'une des quatre catégories distinctes. Cela indique clairement que Jean ne se contente pas de fonder sa description sur ce qu'a vu Ézéchiel ; il est possible, en effet, que Jean n'ait aperçu ces créatures que de profil, ne distinguant par conséquent qu'un seul visage pour chacune d'elles. Ézéchiel, quant à lui, décrivait leur mouvement comme étant constamment orienté dans la même direction.

    2. Que signifient ces quatre apparences distinctes : le lion, le veau, l'homme et l'aigle ?

      1. Elles pourraient symboliser les caractéristiques propres à ces animaux : la royauté, la force, la puissance, l'intelligence, la vue perçante, etc...

      2. Certains interprètes y voient la représentation de l'ensemble de la création : les animaux domestiques, les oiseaux, le genre humain et les bêtes sauvages.

      3. D'autres estiment qu'elles symbolisent les étendards des quatre tribus d'Israël situées aux quatre points cardinaux (voir Nombres 2.3 - 25 et Genèse 49).

      4. D'autres encore soutiennent qu'elles représentent les différentes facettes de Jésus telles qu'elles sont dépeintes dans les quatre Évangiles : l'Homme (:Luc, en tant que Fils de l'homme), le Lion (:Matthieu, en tant que Lion de la tribu de Juda), le veau (Marc, en tant qu'humble serviteur) et l'Aigle (Jean, en tant qu'être descendu du ciel).

  8. Apocalypse 4.8 « Les quatre êtres vivants ont chacun six ailes, et ils sont remplis d'yeux tout autour et au dedans. Ils ne cessent de dire jour et nuit: Saint, saint, saint est le Seigneur Dieu, le Tout Puisant, qui était, qui est, et qui vient! »

    1. À mes yeux, la présence de ces ailes indique qu'il s'agit d'êtres angéliques. (Ésaïe 6.2)  Il mentionne à nouveau les yeux, mais cette fois, ils semblent se trouver également sur les ailes.

    2. Leur rôle semble être de louer Dieu continuellement.

      1. Saint, saint, saint... trois fois saint : c'est là l'expression de la sainteté suprême. C'est une description juste de Dieu. Il est le Saint par excellence, la norme de la sainteté.

      2. Le Seigneur (le Maître), Dieu, le Tout-Puissant.

      3. « Celui qui était, qui est et qui vient » : Il est Éternel. (Une description identique est donnée à Jésus dans l'Apocalypse, chapitre 1. Jésus est Dieu.)

  9. Verset 9 « Quand les êtres vivants rendent gloire et honneur et actions de grâces à celui qui est assis sur le trône, à celui qui vit aux siècles des siècles, »

    1. Elles offrent également :

      1. La gloire — le mérite, la louange.

      2. L'honneur — la valeur, l'estime.

      3. Les actions de grâces — la reconnaissance.

  10. Verset 10 « les vingt-quatre vieillards se prosternent devant celui qui est assis sur le trône et ils adorent celui qui vit aux siècles des siècles, et ils jettent leurs couronnes devant le trône, en disant: »

    1. Lorsque la louange éclate, les 24 vieillards s'y joignent. C'est comme s'ils étaient emportés par ce mouvement de louange.

    2. Ils se prosternent pour adorer.

    3. Ils jettent leurs couronnes devant le trône. Ces couronnes sont des récompenses accordées par Dieu ; les anciens s'estiment indignes de telles récompenses et les déposent à Ses pieds. (Sur;es couronnes : 1 Corinthiens 9.25 [incorruptibilité], 1 Thessaloniciens 2.19 [joie], 2 Timothée 4.8 [justice], Jacques 1.12 [vie], 1 Pierre 5.4 [gloire], Apocalypse 2.10 (vie)

  11. Verset 11 « Tu es digne, notre Seigneur et notre Dieu, de recevoir la gloire et l'honneur et la puissance; car tu as créé toutes choses, et c'est par ta volonté qu'elles existent et qu'elles ont été créées. »

    1. Ils confirment la louange des êtres vivants. En vérité, Dieu est digne. Dans leur déclaration, ils ajoutent l'article défini : « ...de recevoir la gloire, l'honneur et la puissance... »

    2. Il a créé toutes choses. Il a créé le monde, ainsi que nous-mêmes. Elles existent ; elles sont venues à l'existence à partir du néant. Dieu a créé.

    3. Elles sont créées pour son bon plaisir (en raison de sa volonté).

    4. Ou est Jésus dans ce chapitre ? On le verra prochainement...  (Voici la liste d'études sur l'Apocalypse)

 

mardi 14 avril 2026

La Lettre à Laodicée

Apocalypse, chapitres 2 et 3. Sept lettres, spécifiques, adressées à sept Églises : elles sont présentées dans l’ordre le plus clair de leur distribution. Voici, la dernière. Chaque lettre contient une introduction et des enseignements pour chaque Église (positifs et négatifs), incluant compliments, reproches, instructions et avertissements. Chaque lettre se termine par une formule de politesse particulière. Elles étaient adressées à l’« ange » ou au « messager », qui, comme nous l’avons vu précédemment, faisait très probablement référence au pasteur de cette Église. Bien que chaque lettre mentionne l’assemblée locale, ou l'église, nous pouvons tous en tirer des enseignements. 

Lettre à Laodicée. Apocalypse 3.14 - 22.


  1. Introduction. Verset 14 : « Écris à l'ange de l'Église de Laodicée: Voici ce que dit l'Amen, le témoin fidèle et véritable, le commencement de la création de Dieu: »

    1. Laodicée (dont le nom signifie « justice » ou « règne du peuple ») était une autre ville importante et prospère. (On y produisait et vendait de nombreux textiles, tels que des tapis de laine et des vêtements.) En l'an 60 apr. J.-C., Laodicée fut presque entièrement détruite par un violent tremblement de terre. Ses habitants refusèrent toute aide extérieure et reconstruisirent la ville grâce à leurs propres ressources. Tacite, un historien romain de l'époque, écrivit à ce sujet : « Laodicée est sortie de ses ruines par la seule force de ses propres ressources, sans aucune aide de notre part. »

      1. La ville abritait une importante population juive et constituait également, à l'instar des autres cités, un lieu de culte idolâtre, incluant le culte de César. La divinité la plus vénérée était Asclépios, le dieu de la guérison. (Remarquez comment les Grecs et les Romains avaient des dieux distincts pour chaque chose. Rendons grâce à notre Dieu, car Il est le Dieu de toute chose. Il est le Dieu de l'amour, le Dieu de la guérison, le Dieu de la chasse, le Dieu de la mer, le Dieu Messager, etc.)

      2. Unie à ce temple idolâtre se trouvait une école de médecine, qui permit la production d'un onguent ophtalmique largement utilisé par la population et exporté dans tout le monde connu de l'époque.

      3. Un point négatif concernant cette ville résidait dans son manque de source d'eau locale. Son approvisionnement en eau provenait d'un aqueduc qui acheminait l'eau depuis une source thermale située à un dizaine de kilomètres de là ; à son arrivée, l'eau était tiède. Cette particularité rendait la ville vulnérable aux armées d'invasion, car son approvisionnement en eau pouvait être aisément coupé, obligeant ainsi la cité à se rendre sans résistance.

      4. La ville est mentionnée dans l'épître de Paul aux Colossiens (2.1 et 4.16), et ce, sous un ton négatif. Il leur a, de toute évidence, adressé une lettre qui n'a pas été intégrée au Canon des Écritures.

    2. L'Amen : « Ainsi soit-il », « que cela soit vrai ». Jésus dit la vérité. Il est la Vérité (Jean 14.6). (2 Corinthiens 1.20) Si vous désirez connaître la vérité, tournez-vous vers Jésus et vers Sa Parole.

    3. Le témoin fidèle et véritable.

      1. Jésus est toujours fidèle. C’est nous qui, bien souvent, fuyons loin de lui.

      2. « Véritable », au sens d’authentique (voir Apocalypse 3.7).

    4. « Le commencement de la création de Dieu ». Ce mot grec traduit « commencement », arché, ne désigne pas la première des choses créées, mais la source, l’origine de la création. Ce concept était assurément familier aux Laodicéens (Colossiens 1.15, 18 ; Jean 1.3 ; Hébreux 1.2).

  2. Critique. Versets 15 à 17 : « Je connais tes oeuvres. Je sais que tu n'es ni froid ni bouillant. Puisses-tu être froid ou bouillant ! 16 Ainsi, parce que tu es tiède, et que tu n'es ni froid ni bouillant, je te vomirai de ma bouche. 17 Parce que tu dis: Je suis riche, je me suis enrichi, et je n'ai besoin de rien, et parce que tu ne sais pas que tu es malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu, »

    1. « Je connais tes œuvres ». Une fois de plus, Jésus savait ce que l’Église de Laodicée accomplissait pour lui ; et, comme nous allons le découvrir, cela ne représentait pas grand-chose. Jésus s’apprête à adresser de sévères reproches à cette Église, tout comme il l’avait fait envers les Israélites dans l’Ancien Testament (Deutéronome 32.15 ; 32.21 ; Ésaïe 17.10 - 11 ; Psaumes 78.40 - 42).

    2. « Ni froid ni bouillant ». Tiède. « Je te vomirai de ma bouche ». Les Laodicéens auraient immédiatement saisi le sentiment exact de Jésus, en raison de la nature de leur propre source d’eau. Que cela révèle-t-il au sujet de cette Église et de ses œuvres ? Cela donne l’idée d’indifférence, de manque de sincérité, de compromis, d’une tentative de ménager la chèvre et le chou. Leur volonté de ne pas faire de vagues, de ne pas troubler la quiétude ambiante, de n’en faire que le strict minimum — bref, leur christianisme tiède — a provoqué chez Jésus un sentiment de répulsion, une envie de vomir.

      1. Le terme « bouillant » désigne-t-il un état d’ardeur, de ferveur, tandis que « froid » signifierait vide et mort ? Jésus veut-il dire que, si seulement ils étaient froids, ils prendraient au moins conscience de leur besoin de chaleur ?

        1. Nous avons rencontré des Églises « froides » au fil de ces lettres. Celle d’Éphèse avait abandonné son premier amour (Apocalypse 2.1 - 7). Sardes était morte (Apocalypse 3.1 - 6).

        2. Nous avons vu certains qui étaient « chauds ». Smyrne (Apocalypse 2.8 - 11) et Philadelphie (Apocalypse 3.7 - 13).

      2. Ou, plus précisément, dans le sens où le froid et le chaud sont utiles, alors qu'eux n'étaient ni l'un ni l'autre. L'eau chaude guérit et apaise. L'eau froide est rafraîchissante. Le terme « chaud » désigne-t-il alors ceux qui sont embrasés pour le Seigneur, et le terme « froid » ceux qui sont brisés et prêts à être utilisés par Lui ? J'ai entraîné des équipes de basket-ball pendant un certain temps. Il y a ceux qui sont de bons joueurs, grâce à l'entraînement et à leurs aptitudes naturelles. Il y a aussi ceux qui sont très mauvais — et qui le savent ; ils sont donc disposés à apprendre et à fournir un effort supplémentaire pour progresser. Puis, il y a ceux qui se croient bons alors qu'ils ne le sont pas, ou qui estiment être suffisamment bons et ne désirent pas s'améliorer. Sans aucun doute, je préférerais avoir affaire aux « chauds » ou aux « froids » plutôt qu'aux tièdes.

      3. Quel que soit le sens retenu, ce qui est certain, c'est que nous devons absolument éviter la tiédeur. Se présenter devant Jésus — Lui qui a été battu pour nous, qui a versé son sang pour nos péchés — avec indifférence et l'esprit de compromis est une honte. S'asseoir à l'église avec un cœur partagé, n'être que semi-présent, et ne pas être touché ni ému par l'adoration, par Son Esprit ou par Sa Parole, est une honte. Rentrer chez soi pour replonger immédiatement dans la routine ; sortir dans le monde pour se fondre dans la foule ; ne rien laisser paraître de sa foi ; ne pas se distinguer ; ne pas être transformé : tout cela est une honte. Au lieu d'être « gouvernés par les hommes », Ils avaient besoin d'être gouvernés par Dieu.

      4. Jésus va donner un exemple de ce dont il parle au verset 17.

    3. À l'aise et riches (verset 17). Ils pensaient que tout allait bien. (C'est l'opposé de la pauvreté en esprit ; Matthieu 5.3). Jésus a établi un lien entre cet état et la conception que la ville se faisait de la richesse et de la prospérité — une conception selon laquelle ils n'avaient besoin de rien. Beaucoup de gens, aujourd'hui, pensent que tout va bien tant qu'ils ont de l'argent. Ils pensaient que tout allait bien. Comment pouvaient-ils l'ignorer ? Cela démontre qu'ils avaient cessé d'écouter l'Esprit de Dieu les convaincre de péché.

    4. Pourtant : le décalage entre les apparences extérieures et la réalité intérieure était immense. Leur état était...

      1. Malheureux. Épuisé. (Issu de la racine signifiant « callosité » ; terme également employé dans Romains 7.24). Et ce, alors même qu'ils vivaient dans une ville réputée pour son luxe.

      2. Misérable. Digne de pitié. (Comme dans 1 Corinthiens 15.19). Et ce, alors même qu'ils vivaient dans une ville où ils se croyaient à l'aise.

      3. Pauvre. (Littéralement : « tel un mendiant »). Dans une ville qui, elle, était riche.

      4. Aveugle. Dans une ville célèbre pour son collyre.

      5. Nu. Dans une ville renommée pour ses vêtements de haute couture. Ils pensaient que tout allait pour le mieux, alors qu'ils se trouvaient en réalité dans un état lamentable.

  3. Exhortation. Versets 18 à 20 : « je te conseille d'acheter de moi de l'or éprouvé par le feu, afin que tu deviennes riche, et des vêtements blancs, afin que tu sois vêtu et que la honte de ta nudité ne paraisse pas, et un collyre pour oindre tes yeux, afin que tu voies. 19 Moi, je reprends et je châtie tous ceux que j'aime. Aie donc du zèle, et repens-toi. 20 Voici, je me tiens à la porte, et je frappe. Si quelqu'un entend ma voix et ouvre la porte, j'entrerai chez lui, je souperai avec lui, et lui avec moi. »

    1. Je te conseille... Ne devrions-nous pas rechercher l'avis, le conseil de Jésus ? 

    2. « Achète de moi de l'or éprouvé par le feu, afin que tu deviennes riche. » L'or affiné était plus beau et avait une plus grande valeur. Les richesses du monde ne sont que temporaires ; les bénédictions de Dieu sont bien supérieures. Ils possédaient l'or du monde, mais ils avaient besoin d'un trésor dans le ciel (Matthieu 6.20). Comment devaient-ils acheter cet or auprès de Dieu ? En travaillant pour Lui (Éphésiens 2.10, Matthieu 5.11 - 12, Galates 6.9, Apocalypse 22.12, 1 Corinthiens 3.14).

    3. « Des vêtements blancs, afin que tu sois vêtu et que la honte de ta nudité ne paraisse pas. » Ils avaient besoin d'être revêtus de Sa justice (Matthieu 6.30, 7.15, 2 Corinthiens 5.2 - 4, 1 Pierre 5.5 : « revêtez-vous d'humilité »). Nous trouvons de nombreuses références aux vêtements dans la Bible, et particulièrement dans l'Apocalypse (nous y voyons des personnes vêtues de blanc, de fin lin, d'un nuage, du soleil, de robes blanches ou de sacs).

    4. Oins tes yeux d'un collyre, afin que tu puisses voir. Comment devaient-ils s'y prendre ? Jésus peut ouvrir les yeux des aveugles. Il peut accorder la perspicacité spirituelle, comme Il y encourage à la fin de chacune des lettres. Voir aussi Jean 9.41, Matthieu 15.14, 2 Corinthiens 4.4.

    5. « Ceux que j'aime » : (du grec Phileo — amour fraternel, amitié). Jésus leur dit que, malgré toutes leurs erreurs, Il demeure leur ami, leur frère.

      1. « Je reprends » : Admonester, convaincre, réprimander, censurer, signaler à quelqu'un sa faute (également dans Jean 3.20, Luc 3.19).

      2. « Je châtie » : Élever un enfant, éduquer, discipliner, corriger (également dans Luc 23.16, 22 ; 1 Corinthiens 11.32 ; 1 Timothée 1.20).

    6. « Aie donc du zèle » : Dérive d'une racine signifiant « chaleur », dans le sens de « s'enflammer ». (Dans un sens négatif, le mot désigne l'envie, comme dans Actes 17.5). Jésus présente ce conseil comme la solution à la tiédeur, de se chauffer. (Également utilisé dans 1 Corinthiens 12.31 ; 14.1 ; 2 Corinthiens 11.2).

    7. Repents-toi = changez d'état d'esprit, reconsidérez votre attitude. (Matthieu 3.2).

    8. Je me tiens à la porte et je frappe. Jésus ne les avait pas abandonnés. C'est une image triste : Jésus ne se trouve même pas à l'intérieur de sa propre Église ; il se tient dehors et frappe. (Éphésiens 5.14).

      1. Si quelqu'un... La lettre s'adresse à l'Église dans son ensemble, mais Jésus cherche des individus prêts à s'ouvrir à Lui.

      2. Éntends ma voix. Ils avaient besoin de L'écouter, d'entendre Son Esprit ainsi que Sa voix (à travers Sa Parole). Il faut faire attention car Satan peut aussi frapper à la porte de l'Eglise. 

      3. Ouvre la porte. Ils devaient passer à l'action après s'être repentis, et laisser Jésus rentrer à nouveau.

      4. J'entrerai. Jésus promet de restaurer Sa présence et...

      5. Je souperai avec lui, et lui avec moi. Il restaurera la communion — une communion chaleureuse, personnelle et intime — avec la personne sauvée qui se repent.

      6. C'est une image intéressante : Jésus frappe à la porte de sa propre Église. (Jacques 5.9). Pourquoi ne défonce-t-il pas la porte ? Après tout, c'est son Église (« Je bâtirai mon Église... »). Il est amour et miséricorde. Alors, écoutez Sa voix, entendez le coup frappé à la porte et ouvrez-Lui. Car, bien qu'Il soit amour et miséricorde, Il est aussi juste, saint et droit ; par conséquent, Il ne frappera pas éternellement.

  4. Conclusion. Versets 21-22 : « Celui qui vaincra, je le ferai asseoir avec moi sur mon trône, comme moi j'ai vaincu et me suis assis avec mon Père sur son trône. 22 Que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Églises! »

    1. Pour ceux qui sont sauvés : nous nous assiérons avec Jésus dans la salle de son trône, ou avec lui sur son trône même, tout comme Lui a vaincu la mort et s'est assis avec son Père sur son trône. C'est là une pensée encourageante pour nous, et tout particulièrement pour les chrétiens qui se sont écartés de la volonté du Seigneur. Le pardon est possible. ...et vous êtes toujours sauvé, en dépit de vos égarements. Peu importe à quel point vous vous êtes éloigné de Dieu, il ne suffit que d'un pas vers lui, pour retrouver la communion avec Lui. Même à la lettre la plus sévère des sept, une espérance merveilleuse demeure attachée. (Matthieu 19.28)

    2. À vous qui êtes sauvés : écoutez et examinez ce que ces lettres disent aux Églises ; tenez compte des avertissements et mettez en pratique ce qu'elles prescrivent. Quelle Église ressemble le plus à la vôtre ? Que devez-vous faire, personnellement, pour vous améliorer ? (Voici la liste d'études sur l'Apocalypse)

mardi 7 avril 2026

La Lettre à Philadelphie

Apocalypse, chapitres 2 et 3. Sept lettres, spécifiques, adressées à sept Églises : elles sont présentées dans l’ordre le plus clair de leur distribution. Voici, la sixième. Chaque lettre contient une introduction et des enseignements pour chaque Église (positifs et négatifs), incluant compliments, reproches, instructions et avertissements. Chaque lettre se termine par une formule de politesse particulière. Elles étaient adressées à l’« ange » ou au « messager », qui, comme nous l’avons vu précédemment, faisait très probablement référence au pasteur de cette Église. Bien que chaque lettre mentionne l’assemblée locale, ou l'église, nous pouvons tous en tirer des enseignements. 


Lettre à Philadelphie. Apocalypse 3.7 - 13

  1. Introduction. Verset 7 : « Écris à l'ange de l'Église de Philadelphie: Voici ce que dit le Saint, le Véritable, celui qui a la clef de David, celui qui ouvre, et personne ne fermera, celui qui ferme, et personne n'ouvrira: »

    1. Philadelphie (signifiant « amour fraternel ») était une ville plus récente que les autres, fondée par les Grecs dans le but de diffuser leur culture vers l'Orient. Elle se situait également sur le tracé d'une route majeure destinée à canaliser les échanges commerciaux et culturels de l'Europe vers l'Orient. Elle était surnommée la « petite Athènes » et abritait des temples dédiés aux dieux de l'Olympe. Au cours de son histoire, elle fut par ailleurs frappée par de nombreux tremblements de terre.

    2. Dans cette introduction spécifique, Jésus attire l'attention de l'Église sur plusieurs points :

      1. Il est saint. Il est pur, distinct du péché et du mal.

      2. Il est véritable. (Voir Apocalypse 6.10) Le terme grec employé ici ne désigne pas la vérité par opposition au mensonge, mais la vérité par opposition à la contrefaçon (au faux-semblant). (Comme en Jean 6.32 et 15.1). L'idée pourrait être mieux rendue par le mot « authentique ».

      3. Il détient la clé de David. (Apocalypse 1.18) Il est évident que David incarnait la royauté que Jésus allait lui-même assumer. (Voir Ésaïe 22.22 ; Jérémie 30.9 ; Ézéchiel 34.23 ; Ézéchiel 37.24).

        1. Les clés symbolisent le pouvoir, l'autorité et la propriété. Jésus est le Roi suprême, et la puissance qu'il détient se manifeste par le fait que cette clé est la seule capable d'ouvrir et de fermer. Cela me rappelle une chanson de mon enfance : « Une seule porte, et une seule, bien qu'elle ait deux côtés ; je suis à l'intérieur — de quel côté êtes-vous ? Une seule voie, et une seule, bien qu'il y en ait deux ; la bonne voie et la mauvaise — sur quelle voie êtes-vous ? »

        2. Jésus est le Roi des rois ; les clés qu'il détient — l'autorité dont il dispose — sont absolues. Toute décision qu'il prend est irrévocable. (Matthieu 7.21 - 23, Luc 13.23 - 30) Lorsque vous vous tiendrez devant Lui, quelle sera la décision finale concernant votre avenir ? Où passerez-vous l'éternité ?

  2. Éloge. Versets 8 - 10 : « Je connais tes oeuvres. Voici, parce que tu a peu de puissance, et que tu as gardé ma parole, et que tu n'as pas renié mon nom, j'ai mis devant toi une porte ouverte, que personne ne peut fermer. 9 Voici, je te donne de ceux de la synagogue de Satan, qui se disent Juifs et ne le sont pas, mais qui mentent; voici, je les ferai venir, se prosterner à tes pieds, et connaître que je t'ai aimé. 10 Parce que tu as gardé la parole de la persévérance en moi, je te garderai aussi à l'heure de la tentation qui va venir sur le monde entier, pour éprouver les habitants de la terre. »

    1. Je connais tes œuvres. Jésus dit cela à chaque Église. Rien ne passe inaperçu aux yeux du Seigneur, qu'il s'agisse des bonnes œuvres ou de leur absence.

      1. Ils ont peu de force (de puissance). Ils possédaient une certaine puissance, mais elle était minime. Minime par rapport à quoi ? Par rapport à d'autres groupes ? Par rapport à la puissance que détient Dieu ? La puissance que nous possédons est modeste, mais celle de Dieu est illimitée. Avoir peu de puissance de notre côté peut s'avérer être une bonne chose. (2 Corinthiens 12.7 - 10 : « ...Ma grâce te suffit, car ma puissance s'accomplit dans la faiblesse. Je me glorifierai donc bien plus volontiers de mes faiblesses, afin que la puissance de Christ repose sur moi... »)

      2. Ils ont gardé Sa Parole. Pour garder Sa Parole, ils doivent d'abord la connaître, la lire et l'étudier. Puis mettre en pratique ce qu'elle dit. (1 Jean 2.5 ; Jean 14.23 ; Luc 11.28 ; Jean 8.31 ; Psaume 119.57)

      3. Ils n'ont pas renié Son Nom. « Renier Son nom » reviendrait à nier Sa puissance, Son autorité, qui Il est, ce qu'Il représente, etc. Ils reconnaissent tout cela.

      4. Ils ont une porte ouverte, et personne ne peut la fermer. Aujourd'hui encore, nous considérons l'expression « une porte ouverte » comme une opportunité. Jésus a ouvert des opportunités pour eux. Après tout, c'est Lui qui détient les clés (1 Corinthiens 16.9, 2 Corinthiens 2.12 et Colossiens 4.3 ; voir aussi Actes 14.27). Il est important pour nous de saisir les opportunités que Dieu a ouvertes devant nous. Franchissez la porte ! « Personne ne peut la fermer » : cette opportunité restera disponible aussi longtemps que le Seigneur le permettra. De plus, puisque c'est Jésus qui a ouvert la porte, tout ce que l'on accomplit, à Jésus soit la gloire.

    2. « Voici... » Même les ennemis (la Synagogue de Satan, Apocalypse 2.9), les Juifs, en viendront à connaître Christ et à L'adorer. Et ils devront admettre que l'Église qu'ils persécutaient autrefois était, en réalité, aimée de Christ. (Éphésiens 5.25) Cela se produira-t-il ici-bas, sur terre ? Uniquement s'ils s'humilient et sont sauvés. Sinon, ils se tiendront un jour en présence de Dieu et devront l'admettre. Un jour, tout genou fléchira... (Philippiens 2.10 - 11 ; Ésaïe 45.23 ; Romains 14.11).

    3. Parce que... ils ont gardé la Parole de persévérance de Dieu — celle que Dieu nous a tous appelés à garder. Il ne s'agit pas nécessairement de la Parole de Dieu qui *parle* de persévérance, mais de la Parole de Dieu qui *exige* de la persévérance pour être gardée et suivie. (Jacques 1.3 ; Jacques 1.12 ; Hébreux 10.36 ; 2 Pierre 1.6 ; Luc 21.19 ; 2 Thessaloniciens 3.5). Par conséquent, Dieu les préservera du temps de l'épreuve. Nous retrouverons cette patience et cette persévérance plus loin dans le livre (Apocalypse 13.10, 14.12).

    4. Puis... « je te garderai de l'heure de la tentation qui doit venir sur le monde entier, pour éprouver ceux les habitants de la terre. »

      1. Jésus les protégera de l'heure (un moment spécifique mais bref) de la tentation, à laquelle le monde entier sera confronté. Quelle tentation s'abattra sur toute la terre ? Les luttes, la tribulation, le chagrin, la perte, pour n'en citer que quelques-unes. (Matthieu 13.7, 22) Celles-ci éprouveront ou mettront à l'épreuve ceux qui « habitent sur la terre ». (Luc 21.34 - 36 ; Apocalypse 6.10 ; 11.10 ; 13.8, 12, 14 ; 14.6 ; 17.8) Faisons également preuve de patience et d'endurance face à la tentation, sachant que ce monde n'est plus notre demeure. Nous attendons patiemment notre demeure céleste (Hébreux 13.14 ; Philippiens 3.20 ; 1 Pierre 2.11 ; 2 Corinthiens 5.1 ; Hébreux 11.13 - 16).

      2. Certains prétendent qu'il s'agit d'une prophétie affirmant que ceux qui sont sauvés ne traverseront pas la période de la Grande Tribulation décrite dans Matthieu 24.21. Beaucoup enseignent que Jésus reviendra avant la période de la Tribulation et que l'Église n'aura pas à affronter les souffrances qui y sont dépeintes. J'ai étudié ce point de vue et je ne crois PAS qu'il soit fondé. Je crois que le Seigneur reviendra pour ses saints plus près de la fin de la Tribulation — au son de la septième trompette (1 Corinthiens 15.52) — mais avant que la colère de Dieu ne soit déversée. Nous examinerons ce point plus en détail ultérieurement. Il est clair que les croyants traverseront des souffrances. Jésus en a traversé. (Apocalypse 7.14 ; Hébreux 12.1 - 3). La formulation de la phrase ici — « Je te garderai (tereo) de (ek) l'heure de la tentation » — se retrouve également dans Jean 17.15 ; elle porte le sens que Dieu nous garde, nous protège et nous préserve *à travers* ce moment, mais qu'il ne nous en *retire* pas. L'idée selon laquelle Dieu ne nous laisserait pas affronter les difficultés, la persécution et la tribulation n'est pas enseignée dans Sa Parole (2 Timothée 3.12 ; Jean 15.20).

  3. Exhortation. Verset 11 : « Je viens bientôt. Retiens ce que tu as, afin que personne ne prenne ta couronne. »

    1. Certains version dit « Voici... » ou « Regarde ! » Sois attentif ! Un rappel pour nous inciter à veiller. (Matthieu 24.42, 25.13 ; Marc 13.35 ; Luc 21.36 ; 1 Thessaloniciens 5.6 ; Apocalypse 3.3)

    2. Je viens bientôt. Un rappel que le Seigneur arrive sous peu.

      1. Cela devrait nous encourager à persévérer et à faire preuve d'encore plus de patience. Nous pouvons apercevoir la ligne d'arrivée juste devant nous.

      2. Cela devrait également nous rappeler de rester à l'œuvre, car le temps est court. Qu'Il nous trouve en train de travailler et occupés à Sa tâche lorsqu'Il viendra. (Matthieu 24.46)

    3. Retiens ce que tu as. (Mentionné également dans Apocalypse 2.25). Il a déjà été dit qu'ils avaient une porte ouverte, un peu de force, qu'ils avaient gardé Sa parole et n'avaient pas renié Son nom. C'est un rappel pour nous tous : nous devons saisir fermement et nous accrocher solidement à notre service pour Dieu, à notre appel à aimer et à servir. Sans quoi :

    4. Afin que personne ne prenne ta couronne. Nous ne voulons pas être détournés de Dieu et perdre ce que nous avons accompli pour Lui. Il ne s'agit pas ici de notre salut, mais des récompenses dues à nos labeurs. (2 Jean 1.8 ; 1 Corinthiens 3.8 ; 1 Corinthiens 3.14 - 15 ; Jacques 1.12 ; Apocalypse 2.10 ; Apocalypse 22.12). Dans une compétition, il ne suffit que de prendre un bon départ ; il faut aussi bien terminer la course.

  4. Conclusion. Versets 12 - 13 : « Celui qui vaincra, je ferai de lui une colonne dans le temple de mon Dieu, et il n'en sortira plus; j'écrirai sur lui le nom de mon Dieu, et le nom de la ville de mon Dieu, de la nouvelle Jérusalem qui descend du ciel d'auprès de mon Dieu, et mon nom nouveau. 13 Que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Églises! » 

    1. Celui qui vaincra : (les sauvés ; voir l'explication dans Apocalypse 2.7)

      1. Je ferai de lui une colonne dans le temple de mon Dieu. Les colonnes étaient un symbole de force, de stabilité et de beauté. Elles restaient souvent debout bien après que le reste des bâtiments se fut effondré. Nous voyons encore aujourd'hui, dans ces villes, des colonnes dressées, vestiges de bâtiments d'autrefois. Les croyants se verront accorder une position éminente dans le Royaume de Dieu. (Luc 22.28 - 30 ; Galates 2.9 ; 1 Timothée 3.15 ; Apocalypse 21.14) Une fois de plus, nous ne tirerons aucune gloire de ces récompenses, car une colonne n'est forte que grâce au fondement sur lequel elle repose.

      2. Il n'en sortira plus. Philadelphie subissait souvent des tremblements de terre. Ses habitants devaient fréquemment fuir la ville à cause de ces séismes. Jésus leur annonce qu'ils n'auront plus à s'inquiéter de cela dans la nouvelle cité. Une demeure éternelle dans la maison du Seigneur. L'accomplissement de ce que nous désirons tant que nous sommes ici-bas. (Éphésiens 2.19 - 22 ; 1 Thessaloniciens 4.17) Pour toujours en présence de Dieu. C'est ce à quoi nous aspirons depuis toujours (Psaume 27.4).

      3. J'écrirai sur lui : Il existe des témoignages attestant que, à cette époque, les noms de personnages éminents étaient gravés sur les colonnes soutenant les bâtiments les plus prestigieux (Apocalypse 21.14). (Nous verrons de nombreuses références aux noms et aux écrits tout au long de ce livre. Certains porteront sur eux la marque de la bête — Apocalypse 13.16 - 18 — mais pas nous.)

        1. le nom de mon Dieu. Nous porterons le nom de Dieu. Nous Lui appartenons. (1 Corinthiens 6.20) Nous sommes adoptés par Lui. (1 Jean 3.1)

        2. le nom de la ville de mon Dieu (la Nouvelle Jérusalem, qui descend du ciel ; Apocalypse 21.1 - 10). Nous aurons une nouvelle résidence dans cette ville où Dieu demeure.

        3. mon nom nouveau. Nous porterons également le nom de Jésus, un nom nouveau qui Lui a été donné. Ésaïe 62:2, Apocalypse 19:12-16). Souvenez-vous de l'époque où l'on portait des badges nominatifs lors d'un événement, pour vous faire connaître des autres. Il y figurerait souvent vos informations personnelles, telles que : votre nom, votre titre professionnel et votre lieu de provenance. Dans l'éternité, je serai reconnu par le nom de mon Dieu, le nom de mon Sauveur, et en tant qu'habitant de cette cité merveilleuse où nous vivrons ensemble pour toujours.

    2. Que celui qui a une oreille spirituelle entende et prête attention à ce que le Seigneur dit à ses Églises. (Voici la liste d'études sur l'Apocalypse)

lundi 6 avril 2026

La Lettre à Sardes

Apocalypse, chapitres 2 et 3. Sept lettres, spécifiques, adressées à sept Églises : Voici, la cinquième. Chaque lettre contient une introduction et des enseignements pour chaque Église (positifs et négatifs), incluant compliments, reproches, instructions et avertissements. Chaque lettre se termine par une formule de politesse particulière. Elles étaient adressées à l’« ange » ou au « messager », qui, comme nous l’avons vu précédemment, faisait très probablement référence au pasteur de cette Église. Bien que chaque lettre mentionne l’assemblée locale, ou l'église, nous pouvons tous en tirer des enseignements. 

Lettre à Sardes. Apocalypse 3.1 - 6.

  1. Introduction Verset 1 : « Écris à l'ange de l'Église de Sardes: Voici ce que dit celui qui a les sept esprits de Dieu et les sept étoiles: ... »

    1. Sardes était une autre ville prospère (où furent frappées les premières monnaies), située sur une importante route commerciale. Elle bénéficiait d'un emplacement géographique privilégié, bordée de hautes falaises sur plusieurs de ses flancs. Elle était réputée pour son luxe, mais aussi pour le culte des idoles — et plus particulièrement pour son temple dédié à la déesse-mère, Cybèle. (Les ruines de ce temple comportent des colonnes hautes de plus de 18 mètres et d'un diamètre de 1,83 mètres. Le culte des idoles impliquait de nombreuses pratiques impies et immorales.

    2. Ici, Jésus commence par rappeler à l'Église qu'il possède ( littéralement qu'il « tient en main ») l'Esprit dans une perfection absolue. Nous avons déjà évoqué cet Esprit au chapitre 1, verset 4. Jésus mentionne également qu'il tient (ou « possède ») leurs responsables, symbolisés par les sept étoiles. (Apocalypse 1.20)

  2. La critique. Verset 1 bis : « ...Je connais tes oeuvres. Je sais que tu passes pour être vivant, et tu es mort. »

    1. Le compliment est de courte durée. Au premier abord, il semble positif. Il mentionne leurs œuvres, comme il le fait dans les autres lettres, mais cette fois, il souligne qu'ils « passent ». Cela évoque l'idée d'une réputation, de ce que l'on est et de ce que l'on incarne. Aux yeux de tous, cette Église semblait très active, manifestant des signes de vie et de vitalité, mais...

    2. « Tu es mort. » En dépit de leur réputation, Jésus savait qu'ils étaient morts. Cette Église n'était pas sur la pente descendante, elle n'était pas en train de s'effondrer ; elle était déjà morte. Cela semble bien plus grave que de céder à de faux enseignements ou à l'immoralité, comme nous l'avons déjà observé ailleurs. Ils ne semblaient pas faire face à la persécution. La raison en était simple : ils étaient déjà morts. Dans un tel état, Satan lui-même n'avait aucune raison de s'inquiéter. Cela contraste fortement avec l'Église de Pergame (Apocalypse 2.12 - 13), située là où réside Satan et confrontée à la persécution et aux fausses doctrines. Sardes semblait vivante de l'extérieur, mais elle était morte. Que devaient-ils faire ?

  3. L'exhortation. Versets 2 et 3 : « Sois vigilant, et affermis le reste qui est près de mourir; car je n'ai pas trouvé tes oeuvres parfaites devant mon Dieu. 3 Rappelle-toi donc comment tu as reçu et entendu, et garde et repens-toi. Si tu ne veilles pas, je viendrai comme un voleur, et tu ne sauras pas à quelle heure je viendrai sur toi. »

    1. Sois vigilant. Au sens littéral : « réveille-toi et veille ». Ils avaient besoin de revenir brutalement à la réalité et de prendre la mesure de la situation. (Dans l'histoire de Sardes, la ville fut vaincue par leurs ennemis à deux reprises, car ils pensaient être en sécurité sur leurs falaises et n'avaient même personne pour surveiller les remparts alors que l'ennemi marchait contre eux.) Certaines choses étaient à l'agonie, et ils devaient se concentrer sur celles-ci. Les œuvres qu'ils accomplissaient n'étaient pas parfaites. Ils s'affairaient à des choses qui n'avaient pas vraiment d'importance, ou qui n'étaient pas accomplies de la manière que Dieu désirait.

    2. Affermissez les choses qui subsistent. « Affermir » signifie stabiliser. Il restait encore de l'espoir. L'Église pouvait être ramenée à la vie. Mais il fallait concentrer l'attention et les forces sur ces éléments.

    3. Ils devaient se souvenir des premiers enseignements, des fondements du christianisme — le « B.A.-BA » de la foi —, s'y attacher fermement et se repentir des péchés qui s'étaient immiscés dans leur service.

    4. S'ils ne veillaient pas, alors Jésus viendrait comme un voleur. Il ferait son apparition au moment où ils s'y attendraient le moins. Cette venue de Jésus fait-elle référence à son retour final ou à sa venue en jugement ? Je pense qu'elle fait référence à sa venue pour les juger. Ils devaient se repentir, sous peine de voir Jésus venir les juger à un moment inattendu. Winston Churchill a mis l'Angleterre en garde contre un danger similaire : « Mais je dois formuler une mise en garde ; car, après la lâcheté et la trahison, l'excès de confiance — qui engendre la négligence ou la paresse — constitue le pire des crimes militaires. » https://winstonchurchill.org/resources/speeches/1941-1945-war-leader/give-us-the-tools/

  4. Éloge. Verset 4 : « Cependant tu as à Sardes quelques hommes qui n'ont pas souillé leurs vêtements; ils marcheront avec moi en vêtements blancs, parce qu'ils en sont dignes. »

    1. L'Église tout entière ne se trouvait pas dans un état aussi lamentable. Même au sein des chrétiens « morts » de Sardes, il subsistait un reste fidèle, bien qu'il ne s'agisse que de quelques noms. À Pergame (Apocalypse 2.14) et à Thyatire (Apocalypse 2.20), on trouvait quelques mauvais éléments parmi les bons ; à Sardes, c'était l'inverse : quelques bons éléments parmi les mauvais.

    2. « qui n'ont pas souillé leurs vêtements » Ils demeuraient purs et saints, en dépit d'une Église qui était, pour l'essentiel, spirituellement morte. Jésus avait conscience de leur présence et leur fit cette promesse : Ils marcheraient avec Lui, vêtus de blanc. (Cela rappelle la marche d'Hénoc avec Dieu, Genèse 5.24.) Un jour — comme nous le verrons plus loin dans ce livre — nous nous tiendrons en présence de Dieu, revêtus de robes blanches ; toutefois, cela pourrait tout aussi bien faire référence à leur marche avec Jésus au cours de cette vie. Cela signifierait qu'Il marcherait à leurs côtés tandis qu'ils mèneraient une vie pure et agréable à Ses yeux. Cette promesse d'une marche étroite et intime avec Dieu devrait inciter les autres membres à se repentir et à rechercher, eux aussi, une telle relation. Ou bien continueront-ils à marcher vêtus de vêtements souillés, pour finalement faire face au jugement ?

  5. Conclusion. Versets 5 - 6 : « Celui qui vaincra sera revêtu ainsi de vêtements blancs; je n'effacerai point son nom du livre de vie, et je confesserai son nom devant mon Père et devant ses anges. 6 Que celui qui a des oreilles entende ce que l'Esprit dit aux Églises ! »

    1. Les sauvés, même ceux qui se sont éloignés de Jésus, seront un jour revêtus de robes blanches (Apocalypse 6.11, 7.9 – 14).

    2. Leur nom sera inscrit dans le livre de vie. Il n'en sera pas effacé. (Selon la tradition, les noms des habitants de certaines villes étaient inscrits dans un livre, puis effacés à leur décès.) Beaucoup interprètent cela comme une menace plutôt que comme une promesse. Cela devrait au contraire nous encourager et nous rassurer. Même dans cette Église où les œuvres sont mortes, les noms des sauvés ne seront pas effacés du livre de vie.

    3. Il confessera leur nom au Père et devant ses anges (Luc 12.8 - 9, Romains 10.9 - 10).

    4. Que celui qui a l'Esprit écoute et médite les paroles de chacune de ces lettres. (Voici la liste d'études sur l'Apocalypse)